1.2. Les ménages de l'agglomération : où vivent-ils, quelles sont leurs ressources ?


Les ménages de l'agglomération

L'analyse des ménages de l'agglomération, établie à partir des données Filocom de la Direction générale des impôts et des données de l'Insee, apporte les éléments suivants :

  • Une prépondérance des ménages de 1 ou 2 personnes, qui représentent 64% des ménages de l'agglomération6

Cette proportion est similaire à celle des autres agglomérations comme Lyon (62%) ou Grenoble (63%)7.

La part des ménages de une personne, qui est de 34% à l'échelle de l'agglomération, est plus importante dans les communes du centre de l'agglomération, et plus faible dans les communes les moins urbanisées comme le montre la carte ci-dessous.

La commune des Déserts présente un taux plus fort de ménages de une personne (31%) que les autres communes rurales, ce qui s'explique principalement par l'activité touristique de la commune. De même, le taux est très élevé à Jacob-Bellecombette où 45% des ménages ne comptent qu'une personne, en raison de la forte présence d'étudiants.

  • Des revenus supérieurs à la moyenne départementale, mais 7000 ménages vivent en-dessous du seuil de pauvreté

Le revenu net imposable moyen à l'échelle de l'agglomération est plus élevé que la moyenne départementale (18 080€ en 20058 contre une moyenne départementale de 17 392€), mais cache d'importantes disparités entre les communes.

Les revenus sont inférieurs à la moyenne départementale dans six communes : Barby, Cognin, Les Déserts, Puygros, Chambéry et La Thuile.

Les écarts vont de 14 975€ à Barby à 27 475€ Saint-Jean-d'Arvey, soit près du double.

En termes de pauvreté, 14% des ménages de l'agglomération ont un revenu inférieur à un seuil de pauvreté par unité de consommation (657€ en 2005), soit 7000 ménages, avec une proportion plus forte sur les communes de Chambéry (18%) et La Thuile (23%).

Un autre indicateur de pauvreté est celui des allocataires "à bas revenus" recensés par la caisse d'allocations familiales9. Ils représentent près de 4900 ménages en 2005, soit 21% des allocataires.

Cette proportion varie selon les communes, et reste supérieure Chambéry (25%), Barby (26%) et Saint-Alban-Leysse (22%).

Le revenu mensuel par unité de consommation rapporte le revenu disponible (revenus + prestations) des allocataires, au nombre d'unités de consommation (uc=1 pour l'allocataire, 0,5 par adulte et enfants de 14 ans ou plus, 0,3 par enfant de moins de 14 ans). On ajoute 0,2 pour les familles monoparentales.
  • Une agglomération "jeune"

Avec un indice de jeunesse de 1,2310, l'agglomération chambérienne est "plus jeune" que la moyenne nationale qui est de 1,15.

Mais les taux sont assez différenciés selon les communes, comme le montre la carte ci-dessous.

Des choix résidentiels fortement conditionnés par le "profil" des ménages

Les choix résidentiels des ménages dépendent de différents facteurs qui sont parfois liés entre eux, parmi lesquels :

  • les revenus des ménages et leur "budget logement" mensuel,
  • la composition familiale des ménages (présence ou non d'enfants, taille de la famille),
  • l'âge du chef de famille.

Ainsi, lorsque l'on analyse les statuts d'occupation des ménages en fonction de ces différentes variables, plusieurs tendances se dégagent, traduisant des logiques de choix résidentiels.

  • Des ménages plus aisés en accession à la propriété qu'en locatif

La proportion de ménages à faibles ressources est plus élevée dans le parc social que pour les autres statuts d'occupation, ce qui est assez logique dans la mesure où l'accès à un logement social est conditionné par le respect de plafonds de ressources. Ainsi, 45% des ménages logés en logement social gagnent moins de 10 000 €/an11, alors que cette proportion est de 31% pour les locataires du parc privé et de 11% pour les propriétaires occupant leur logement.

A l'inverse, les ménages dont les revenus dépassent 30 000€/an sont seulement 4% dans le parc social, alors qu'ils sont 12% dans le parc locatif privé et 34% pour les propriétaires occupants.

Ces chiffres permettent de montrer qu'il existe pour les ménages, selon leurs revenus, une forme de parcours résidentiel allant du parc social à l'accession à la propriété en passant par le parc locatif privé.

Si le parc locatif privé conserve un rôle d'accueil des ménages à faibles revenus (31% des locataires du parc privé gagnent moins de 10 000€/an), dont un certain nombre peuvent être des étudiants, l'accession à la propriété semble pour sa part quasi-exclue aux ménages les plus pauvres : les ménages dont les revenus sont inférieurs à 10 000€ représentent moins de 11% des propriétaires occupants.

Les chiffres issus de l'enquête triennale sur l'occupation sociale des logements sociaux réalisée en 200612 confirment cette vocation du parc locatif social. Ainsi, même si les plafonds de ressources du logement social ouvrent ce parc à 70% de la population, 59% des ménages ont des ressources inférieures à 60% du plafond PLUS, et 33% ont des ressources inférieures à 40% du plafond.

  • Un parc locatif privé accueillant davantage de petits ménages, sans enfants

Concernant l'impact de la composition familiale des ménages sur leurs choix résidentiels, on note que la part des familles avec enfants13 est plus importante dans le logement social (33%) et dans la catégorie des propriétaires occupants (27%) que dans le parc locatif privé (20%).

Cela s'explique en partie par la taille des logements offerts, qui varie selon le statut d'occupation des logements.

Ainsi :

  • les résidences principales occupées par leurs propriétaires sont composées majoritairement de grands logements de type 4 et 5 (respectivement 34% et 21% des résidences principales),
  • les résidences principales en locatif privé sont composées majoritairement de logements plus petits de type 1, 2 et 3 (respectivement 27%, 26% et 25% des résidences principales),
  • les résidences principales ayant le statut de logements sociaux présentent des typologies plus diversifiées mais comptent davantage de grands logements (supérieurs au type 3) que les logements locatifs privés.

Néanmoins, dans le parc social comme dans les autres types de logements, les ménages d'une personne représentent la catégorie la plus représentée, avec une part de 38% d'après les résultats de l'enquête sur l'occupation du parc social14.

La part de familles monoparentales est également élevée dans le parc social (18%).

6 Source : DRE Rhône-Alpes, données Filocom, 2005.
7 Source : Insee, recensement général de la population 1999, exploitation principale. Données à l'échelle de l'aire urbaine.
8 Source : Direction générale des impôts, 2005.
9 Source : Caisse d'allocations familiales, indicateurs au 31 décembre 2005. Le seuil des bas revenus est égalà la demi médiane des revenus mensuels par unité de consommation. Il s'élevait à 738.86€ par unité deconsommation pour les chiffres du 31 décembre 2005.
10 Source : INSEE, RGP 1999, exploitation principale. Indice de jeunesse = (nombre de 0-19 ans) / (nombre de 60 ans et +).
11 Source : DRE, données Filocom, 2005.
12 Source : DRE, données OPS, 2006.
13 Sont comptabilisés comme ménages avec enfants ceux comportant au moins un enfant de moins de 18ans dans le logement.
14 Source : DRE, données OPS, 2006.