1.1. Une agglomération où se rencontrent communes urbaines et territoires ruraux


La question des échelles : territoires administratifs, territoires vécus

La communauté d'agglomération de Chambéry métropole compte 24 communes depuis le 1er janvier 2006. Son périmètre diffère légèrement du pôle urbain au sens de l'Insee1, et de celui des bassins d'habitat définis par arrêté préfectoral.

Différentes échelles d'analyse se superposent donc au-delà du strict périmètre de la communauté d'agglomération, traduisant le décalage entre territoires administratifs et territoires "vécus".

Cette carte montre que les limites administratives de Chambéry métropole ne coïncident pas avec celles des espaces de vie ou territoires vécus : les pôles urbains de Chambéry et Aix-les-Bains forment un espace d'un seul tenant, dont certaines communes de Chambéry métropole ne font pas partie.

L'aire urbaine de Chambéry, notion qui prend en compte les déplacements domicile/travail, s'étend pour sa part bien au-delà de la communauté d'agglomération, et compte 46 communes2.

L'observation fine des déplacements domicile/travail est à ce titre riche d'enseignements : elle montre que les logiques résidentielles des ménages ne se limitent pas au périmètre du pôle urbain mais jouent sur de plus grandes distances.

Une enquête "ménages", en cours de réalisation par Métropole Savoie, fournira en septembre 2007 des données précises sur les déplacements des ménages en fonction de leurs activités et de leurs lieux de résidences. Ces résultats n'étant pas encore disponibles, certaines données issues du recensement général de la population de 1999 peuvent être analysées.

lieu de résidence des actifs ayant un emploi à Chambéry nombre
d'actifs
en
pourcentage
Chambéry ville-centre 13 494 38%
autres communes de Chambéry métropole 11 180 32%
Communauté d'agglomération du lac du Bourget 3 049 9%
Communauté de communes de Montmélian 262 <1%
autres communes de Savoie 3092 9%
autres départements 925 3%
lieu non renseigné (seuil inférieur à 30 personnes) 3220 9%
total 35222 100%
Source : INSEE, données du recensement 1999, exploitation principale.

 

Parmi les 35 222 actifs ayant un emploi à Chambéry en 1999, 38% seulement habitent la commune centre, 32% proviennent des autres communes de la communauté d'agglomération.

Près d'un tiers des actifs ayant un emploi à Chambéry, représentant plus de 10 500 déplacements quasi-quotidiens, résident donc à l'extérieur de la communauté d'agglomération :

  • 9% résident dans une commune de la Communauté d'agglomération du lac du Bourget,
  • 9% proviennent d'une autre commune du Département de la Savoie,
  • 3% viennent de l'extérieur du Département (Isère, Haute-Savoie, Ain, Rhône),
  • 9% ne sont pas renseignés car ils résident dans une commune où le flux est inférieur à 30 personnes.

Cet exemple montre que les interactions sont nombreuses avec les autres territoires, notamment pour des relations domicile-travail. La réponse aux besoins en logements identifiés dans l'agglomération ne se fait donc pas seulement sur le territoire intracommunautaire mais peut être "reportée" au-delà de ses limites administratives.

Une agglomération en forte croissance, qui connaît un phénomène d'étalement urbain


Le territoire couvert par l'agglomération, qui accueille 121 500 habitants3 sur 26 300 ha, regroupe des espaces urbains, mais aussi ruraux, avec des réalités territoriales diverses :

  • Chambéry, une ville-centre d'environ 58 200 habitants4, préfecture du Département de la Savoie, fortement urbanisée,
  • des communes périphériques à dominante urbaine qui connaissent un fort développement,
  • des territoires à vocation plus rurale, plus récents dans l'intercommunalité, aux portes des parcs naturels régionaux des Bauges et de la Chartreuse, de la Combe de Savoie et de l'Avantpays savoyard.

La population est concentrée au cour de l'agglomération, avec des densités de population différenciées selon les communes.

Ainsi, si l'on compare le nombre d'habitants par hectare bâti dédié à l'habitat5, on note que les densités varient de 4 à 65 habitants par hectare, soit un rapport de un à seize. L'habitat le moins dense concerne les communes les plus rurales de l'agglomération (La Thuile, Thoiry, Puygros, Montagnole, Les Déserts), tandis que les formes d'habitat les plus denses sont présentes à Jacob-Bellecombette, Barberaz, Barby, Cognin, La Ravoire, et surtout Chambéry.

On note par ailleurs un fort étalement de la tâche urbaine depuis les années 1970, comme le montre la carte ci-après issue du Schéma de cohérence territoriale. On constate ainsi qu'en 30 ans, la consommation de foncier a augmenté trois fois plus vite que la population, ce qui pose des

problèmes de préservation du cadre de vie et de l'environnement dans un contexte d'épuisement de la ressource foncière et de nécessaire maîtrise des consommations d'énergie.

Cet étalement urbain s'explique par la croissance démographique, mais aussi et surtout par le phénomène de desserrement (besoin de davantage de logements à population égale) et l'évolution des modes d'habiter des ménages, de plus en plus attirés par le rêve d'une maison individuelle en secteur pavillonnaire.

Cinq catégories de communes utilisées pour l'analyse

Pour l'analyse, cinq catégories de communes ont été définies en fonction de leurs caractéristiques en termes d'urbanisation et de leur taux de logement locatif social :

  • la ville-centre, Chambéry,


  • les communes de plus de 3000 habitants ayant moins de 20% de logements sociaux et soumises à un rattrapage au titre de la loi solidarité et renouvellement urbains, qualifiées de "communes urbaines déficitaires en logements sociaux" :

  • Barberaz
  • Bassens
  • Challes-les-Eaux
  • La Motte-Servolex
  • Saint-Alban
  • Leysse


  • les autres communes de plus de 3000 habitants, dont le taux de logement social est supérieur à 20%, qualifiées de "autres communes urbaines" :

  • Barby
  • Cognin
  • Jacob-Bellecombette
  • La Ravoire


  • les communes de moins de 3000 habitants situées dans le pôle urbain au sens de l'INSEE, qualifiées de "communes péri-urbaines" :

  • Saint-Baldoph
  • Saint-Jeoire-Prieuré
  • Vimines
  • Saint-Jean-d'Arvey
  • Montagnole
  • Sonnaz


  • les communes situées à l'extérieur du pôle urbain, qui ont toutes moins de 1000 habitants, qualifiées de "communes rurales" :

  • Curienne
  • Thoiry
  • Vérel-Pragondran
  • La Thuile
  • Saint-Sulpice
  • Saint-Cassin
  • Les Déserts
  • Puygros

Il faut noter que les qualificatifs utilisés diffèrent des définitions données par l'Insee (espace urbain, aire urbaine, pôle urbain), expliquées précédemment dans le présent document (haut de page).

1 D'après l'Insee, un pôle urbain est une unité urbaine au sens Insee (couramment désignée par "agglomération") qui offre au moins 5 000 emplois sur son territoire.
L'aire urbaine est un ensemble de communes d'un seul tenant et sans enclave, constitué d'un pôle urbain, auquel on a agrégé les communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % des actifs occupés travaillent dans l'aire urbaine. L'aire urbaine est composée du pôle urbain et du reste de l'aire urbaine ou couronne périurbaine.
Les communes multipolarisées sont les communes rurales ou petites unités urbaines envoyant 40 % de leurs actifs occupés vers plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil ni former un ensemble connexe avec une seule d'entre elles.
Les communes périurbaines sont soit les communes appartenant aux couronnes périurbaines, soit les communes classées communes multipolarisées.
2Les communes qui composent l'aire urbaine de Chambéry au sens de l'Insee sont les suivantes : Apremont, Ayn, Barberaz, Barby, Bassens, Bourdeau, Le Bourget-du-Lac, Challes-les-Eaux, Chambéry, La Chapelle-du-Mont-du-Chat, Chignin, Cognin, Corbel, Curienne, Les Déserts, Gerbaix, Jacob-Bellecombette, Les Marches, Marcieux, Meyrieux-Trouet, Montagnole, La Motte-Servolex, Myans, Nances, Novalaise, Ontex, Puygros, La Ravoire, Saint-Alban-de-Montbel, Saint-Alban-Leysse, Saint-Baldoph, Saint-Cassin, Saint-Jean-d'Arvey, Saint-Jean-de-Chevelu, Saint-Jean-de-Couz, Saint-Jeoire-Prieuré, Saint-Paul, Saint-Sulpice, Saint-Thibaud-de-Couz, Sonnaz, Thoiry, La Thuile, Verel-Pragondran, Verthemex, Vimines, Voglans.
3 Estimation Stratis Conseil, pour l'année 2004.

4 Estimation au 1er janvier 2005, à partir des enquêtes annuelles de recensement de l'INSEE.
5 Traitement effectué par Chambéry métropole à partir des données Spot théma 2003 pour les surfaces bâties à prédominance d'habitat, et du recensement général de la population 1999 pour la population.