Syndicat Intercommunal de l'Agglomération Chambérienne


En 1957, les problèmes de gestion des déchets et d'assainissement des eaux usées avaient conduit les communes à créer le premier syndicat intercommunal, le SIAURC. Le 28 novembre 1978, le Syndicat Intercommunal de l’Agglomération Chambérienne (SIAC) remplace le SIAURC ; après 21 ans de coopération entre les communes, cette évolution permet de clarifier les domaines d'intervention du syndicat, de formaliser son fonctionnement et de modifier la représentation des communes.
Le SIAC reste dans la continuité du SIAURC, avec l'assainissement des eaux usées et la gestion des déchets pour missions essentielles mais il prend aussi en charge d'autres domaines, comme les transports en commun, l’alimentation en eau potable ou le stationnement des gens du voyage. Autant de sujets dont le SIAURC se préoccupait de longue date, mais sans en être officiellement chargé.
Au fil des années, les communes confient au syndicat de nouvelles compétences : les aménagements de voiries liés à la voie rapide urbaine (1982), les pistes cyclables (1983), les filières de traitement des déchets (1985), les équipements sportifs des lycées de l’agglomération (1991), les équipements sportifs d’agglomération (piscine couverte et patinoire en 1992, auxquelles s’ajoute le stade nautique en 2000).
Le SIAC est administré par un comité syndical dont les délégués sont élus par les conseils municipaux, en fonction du nombre d'habitants de chaque commune. La représentation de la ville-centre, Chambéry, est revue à la baisse, au profit des communes périphériques. Le bureau, élu par le conseil syndical, compte un représentant pour chaque commune et cinq pour Chambéry.
Entre 1978 et 1995, le périmètre du syndicat, qui regroupe déjà 13 communes, est modifié trois fois : en 1979, deux nouvelles communes, Le Bourget-du-Lac et Vimines, adhèrent au SIAC mais uniquement pour la compétence "Transports". Vimines adhère finalement pour l’ensemble des compétences du syndicat en 1984, le Bourget-du-Lac se retire à la création de la communauté d’agglomération en 2000. En 1993, c’est au tour de Vérel-Pragondran de rejoindre le syndicat, ce qui porte à 15 le nombre de communes adhérant au SIAC pour l’ensemble de ses compétences.
En dépit des modifications qui sont intervenues dans la constitution du SIAC, la structure du syndicat ne change pas radicalement. Néanmoins, son fonctionnement est formalisé et clarifié, notamment grâce à l'officialisation de certaines compétences.
Le SIAC aura connu deux présidents : Jean Fressoz, maire de Cognin, élu le 15 décembre 1978, a pris la succession de Louis Besson à la tête du syndicat jusqu'en 1983. Michel Maurin a ensuite pris les rênes de la structure intercommunale jusqu'en 1995.
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Dès le milieu des années 60, les élus se préoccupent de la question des transports en commun. Trois transporteurs privés se partagent alors le réseau : les sociétés Roux, Franchiolo et Planche. Mais l'augmentation de la population de l'agglomération, en particulier à Chambéry, et la densification de la circulation automobile rendent urgente l'organisation d'un service de transports urbains efficient et harmonisé.
En 1966, un périmètre urbain pour les transports en commun est défini par le syndicat et l'année suivante, un premier réseau composé de 11 lignes est créé ; la desserte de Chambéry-le-Haut est par exemple assurée à partir de 1972. Lors de la création du SIAC en 1978, les communes lui confient une compétence « transports en commun » et plusieurs schémas sont alors élaborés ; mais la création d'un véritable service de transports reste encore une charge trop lourde pour le syndicat.

Au mois de mars 1979, le syndicat modifie ses statuts pour permettre l'adhésion de communes pour une seule compétence : c'est l'adhésion "à la carte". Ce système permet aux communes du Bourget-du-Lac et de Vimines de rejoindre le SIAC uniquement pour la compétence "transports" : ainsi, l'agglomération atteint le seuil des 100 000 habitants, condition qui lui permet d'instaurer un "versement transports" (taxe versée, comme aujourd'hui, par les employeurs publics et privés de plus de 9 salariés) pour financer un service de transports urbains.
En plus des bus déjà en service, le syndicat fait l'acquisition de 12 nouveaux bus et choisit une société privée, la CGFTE, pour gérer ce nouveau service. Le Stac est né.
Dans les années 1980, 6 nouvelles lignes renforcent le réseau, des tarifs ciblés sont mis en place et des aménagements facilitent la circulation des bus, comme le centre d’échanges des bus, boulevard de la Colonne à Chambéry, construit en 1981, qui permet d'organiser les correspondances. En 1983, un nouveau dépôt de bus est construit avenue des Chevaliers-tireurs à Chambéry et complète celui du chemin de la Digue à Cognin.
Progressivement, le Stac travaille à une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite ainsi qu’au respect de l’environnement : les premiers essais de bus roulant à l’aquazole, un mélange d’eau et de gazole, sont conduits en 1995.
En parallèle des efforts menés en terme de transports urbains, la ville de Chambéry souhaite désengorger le centre villle de la circulation automobile, projet qui passe par la réalisation d'une Voie Rapide Urbaine. Depuis plusieurs années déjà, le syndicat participe indirectement, puis directement, au financement de la VRU, mise en service en 1982. Cette même année, une nouvelle compétence du SIAC, qui régularise une situation de fait, permet alors le financement du raccordement de la voie d’Hyères à la VRU, ainsi que l’aménagement de la RN6 à Barberaz et Saint-Jeoire-Prieuré.
Dans les années 70, les élus cherchent à organiser le réseau de pistes cyclables pour donner une place au vélo dans la ville. En 1981, le SIAC demande à la DDE d’actualiser le schéma directeur « deux roues » élaboré en 1977, afin de mettre en évidence les itinéraires les plus urgents à aménager et d’en évaluer les coûts. Deux ans plus tard, le syndicat intègre dans ses compétences la réalisation des pistes cyclables : l'agglomération dispose de 19 Km d’itinéraires cyclables en 1982, elle en compte 58 aujourd’hui.
Devant l'augmentation constante du volume de déchets produits sur l'agglomération, le SIAC réfléchit au moyen de diminuer la quantité de déchets à incinérer, et d'en revaloriser une partie. Il prévoit également d'augmenter la capacité de traitement de l'UIOM, pour faire face aux prévisions de saturation, et de mettre ses installations aux nouvelles normes, en vigueur à compter du 1er décembre 1992. Sur les treize usines d'incinération fonctionnant en Savoie, seules quatre pourront être mises aux normes, dont celle gérée par le SIAC. L'UIOM, opérationnelle depuis 1977, est l'objet d’importants travaux de modernisation et d’extension dès le début des années 90.
Un troisième four est construit pour augmenter son rendement ; il est mis en service en 1995. En parallèle, quatre déchetteries sont aménagées dans l'agglomération entre 1986 et 1990, ainsi qu'une aire de compostage des déchets verts en 1993. Toutes ces installations permettent de réduire les quantités de déchets à incinérer et d'en revaloriser une partie.
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Dans une même démarche, la collecte sélective des ordures ménagères est expérimentée dès 1990 par la ville de Chambéry et mise en place en 1995 sur la ville-centre : les chambériens sont équipés d'une deuxième poubelle, de couleur bleue, et sont incités à trier leurs déchets pour permettre de les recycler. La collecte sélective des ordures ménagères sera ensuite étendue à l’ensemble de l’agglomération en 2003 et des filières de collecte pour des déchets spécifiques seront créées (huiles, déchets à risques biologiques...).
Reste la question des résidus d'incinération et des déchets non incinérables, les DIB et "monstres" (déchets encombrants) par exemple, produits sur l'agglomération. Autrefois déposés en décharges à ciel ouvert, il faut leur trouver de nouveaux lieux de dépôts répondant à des normes strictes. La saturation de la décharge du Viviers-du-Lac, dont la fermeture est prévue pour 1986, rend le problème encore plus urgent à résoudre. Le Syndicat fait donc étudier la création d'un CET de classe 2 (pour les déchets urbains et les déchets industriels assimilés non toxiques) dès le début des années 80, mais le dossier rencontre beaucoup d'oppositions. Il est ensuite repris par le Conseil général et est toujours en cours. En revanche, un CET de classe 3 (pour les déchets inertes) est aménagé à la Cassine en 1993.

Le syndicat s'inscrit pleinement dans les initiatives préconisées par le plan départemental d'élimination des déchets adopté par le Conseil général en 1994, plan qui vise à réduire les déchets à la source et permettre un meilleur traitement et une valorisation croissante des déchets produits.