Syndicat Intercommunal d'Assainissement et d'Urbanisme de la Région de Chambéry

Les problèmes d'assainissement de l’eau, de traitement des ordures ménagères et de la pollution du lac du Bourget ont conduit les élus à créer, le 16 février 1957, le Syndicat Intercommunal d’Assainissement et d’Urbanisme de la Région de Chambéry (SIAURC), qui regroupe douze communes.
Le travail à mener est considérable : les eaux usées de Chambéry sont alors déversées directement dans la Leysse puis dans le lac du Bourget, après passage dans des bassins de décantation ; certaines communes ne sont pas encore dotées de réseaux, les ordures ménagères aboutissent dans des champs d’épandage ou sont mises en décharges à ciel ouvert.
Le syndicat se donne donc comme priorités de régler le problème de l’assainissement de l’eau, puis celui du traitement des déchets. Le 16 mars, Jean Blanc, maire de la Ravoire, est désigné à la présidence du syndicat, fonction qu’il occupe pendant 20 ans.
Durant cette période, le territoire du syndicat se modifie : en 1961, Voglans rejoint le SIAURC tandis que les communes de Bissy et de Chambéry-le-Vieux fusionnent avec Chambéry. En 1964, Saint-Baldoph adhère au syndicat, de même que Saint-Jeoire-Prieuré et Sonnaz deux ans plus tard. En 1976, Voglans quitte le SIAURC, qui compte dès lors 13 communes, pour rejoindre le Syndicat Intercommunal du Lac du Bourget (SILB).
Les premières années du SIAURC sont entièrement dédiées aux questions de l’eau et des déchets, avec pour réalisation phare l’usine de traitement des eaux usées et des déchets, achevée en 1964, et pour ambitieux projet la réalisation d’une galerie de rejet des eaux usées au Rhône. A partir du milieu des années 1960, le syndicat s’implique dans des dossiers qui n’entreront que plus tard dans ses compétences, comme l’eau potable, le stationnement des gens du voyage, les transports en commun ou la Voie Rapide Urbaine.
Le SIAURC, que préside Louis Besson depuis le 22 avril 1977, nécessite donc de nouveaux statuts, pour clarifier ses compétences. Il cède la place au Syndicat Intercommunal de l’Agglomération Chambérienne (SIAC), le 28 novembre 1978.

Le SIAURC s’emploie à développer un réseau de collecte des eaux usées dans les communes du syndicat et examine le meilleur moyen de cesser le rejet des eaux usées dans la Leysse et le lac du Bourget.
Une station d’épuration est alors construite à Bissy et mise en service en juillet 1964. Les boues issues de la station sont mélangées aux ordures ménagères pour produire du compost. Cette station remplace alors efficacement les bassins de décantation mais les eaux épurées aboutissent toujours dans le lac du Bourget. A partir de 1967, la ville de Chambéry assure l’exploitation de la station, jusqu’ici confiée à une filiale de la société Luchaire, qui a construit l’usine.
Face à la pollution croissante du lac du Bourget, le SILB et le SIAURC décident en juin 1972 la création du Comité InterSyndical d'Assainissement du Lac du Bourget (CISALB), afin d’assurer la cohésion des projets d’assainissement des deux syndicats et de lutter contre la pollution du lac.
Le CISALB doit trouver une solution pour rejeter les eaux usées des agglomérations de Chambéry et Aix-les-Bains hors du bassin versant du lac du Bourget. Les travaux d'une galerie, creusée sous le Mont du Chat, débutent en octobre 1974. Longue de 12,3 km, elle est mise en service en 1980 et permet d'acheminer les eaux des stations d'épuration d'Aix-les-Bains et Chambéry vers le Rhône. Dans le même temps, la station d’épuration de Bissy est agrandie entre 1975 et 1977 de façon à augmenter sa capacité de traitement.
Le problème de la gestion et du traitement des déchets se pose au SIAURC de manière urgente : la collecte des ordures ménagères n’est pas encore organisée dans toutes les communes et leur dépôt s’effectue dans des champs d’épandage et des décharges, notamment à la Motte-Servolex et à Chambéry-le-Vieux.
Dès 1957, plusieurs solutions sont proposées pour remédier à ces problèmes sanitaires : le syndicat opte pour la construction d’une station de traitement des ordures ménagères, couplée à celle d’assainissement des eaux. Equipée d’un broyeur à marteaux, cette installation réduit environ 65 tonnes de déchets par jour lors de sa mise en service en 1964.
A partir de 1963, les services techniques de la ville de Chambéry assurent la collecte des déchets dans les communes du SIAURC. Un tri grossier est alors effectué à l’usine avant broyage entre les ordures ménagères, les cartons, les bouteilles de verre, l’aluminium et les résidus ferreux. Néanmoins, la rapide augmentation du tonnage des déchets, leur composition et la qualité médiocre du compost issu de la station font envisager dans un premier temps des améliorations techniques. Une station de criblage est alors ajoutée. Mise en service en 1971, elle permet de tamiser plus
finement les ordures broyées et ainsi d'améliorer le compost commercialisé.
Finalement, les élus décident de construire une nouvelle usine plus moderne et de changer le mode de traitement des déchets. Une usine d’incinération des ordures ménagères, équipée de deux fours, est inaugurée en 1977. Elle traite également les boues issues des stations d’épuration de Chambéry et d’Aix-les-Bains.