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La restauration de la Leysse

Les travaux de restauration de la Leysse visent à lutter contre le risque d'inondation et à restituer un corridor écologique à la rivière. Le point sur ce chantier d'envergure porté par Chambéry métropole.

Le chantier de restauration de la Leysse a un double objectif : sécuriser les digues de la Leysse entre Chambéry et La Motte-Servolex pour lutter contre le risque d'inondation et restituer un corridor écologique à la rivière. Ces travaux sont bénéfiques pour l'environnement et la protection des personnes et des biens contre les inondations. Depuis leurs créations, il y a entre 100 et 150 ans, les digues se sont fragilisées. Des arbres ont poussé, déstabilisant la structure, ainsi que l'ouvrage, qui n'est plus étanche aujourd'hui et ne remplit plus son rôle. En cas d'inondation, la voie rapide urbaine, les zones pavillonnaires et économiques sont directement menacées. Les récentes inondations subies par certaines villes en France démontrent l'enjeu de tels aménagements.

Une ambition environnementale

Le second objectif est environnemental. Ce chantier va permettre de restituer un corridor écologique à la rivière, qui sera connectée à une zone humide (étendue d'eau en zone naturelle favorisant la biodiversité) entièrement végétalisée. Le lit de la rivière est repensé et de nouveaux méandres sont créés. Suite au retrait d'arbres, nécessaire au déroulement des travaux, de nouvelles plantations ont été réalisées avec un objectif de planter 60 000 nouveaux végétaux. Cela apportera de l'ombre et régulera la température de la rivière en été.

En chiffres

  • Un chantier de 17 millions d'euros pour se prémunir face un risque de 120 millions d'euros de dégâts
  • 60 000 nouveaux végétaux seront replantés
  • Un chantier en deux tronçons. Un premier tronçon entre le pont des Allobroges et le pont SNCF, dont les travaux ont été achevés à l'été 2015. Un second tronçon entre le pont SNCF et l'aval A43 où les travaux ont débuté en 2016

Présentation du projet

Questions/ réponses

« Pourquoi reconstruire les digues de la Leysse ? »

Depuis la création de ces digues, la situation a bien changé :

  • des arbres ont poussé sur les digues, déstabilisant la structure de la digue,
  • les champs situés derrière ces digues ont laissé place à des zones d'activités et des lotissements,
  • les inspections détaillées montrent la grande fragilité des digues de la Leysse.

« Quels sont les risques liés aux digues ? »

Telles qu'elles sont constituées, les digues ne sont pas des ouvrages étanches. Destinées à contenir temporairement la Leysse en cas de crue, elles agissent comme un filtre, l'eau passant parfois du côté plaine...
Son dimensionnement doit donc être juste. Si elle est trop rapide, la circulation de l'eau dans la digue peut provoquer l'apparition de galeries appelées « renards hydrauliques ». Si les poches de vide qui en résultent se mettent à grossir, cela peut provoquer un effondrement partiel de la digue. La présence de "renards" est un signe de faiblesse de l'ouvrage.

« Pourquoi les arbres constituent-ils une menace pour les digues ? »

Pour maintenir un bon niveau de protection, il faut préserver l'intégrité des digues. La menace est triple : des arbres tombent dans la Leysse. Avant de se retrouver dans l'eau, un arbre qui bascule arrache souvent un morceau de digue. En parallèle, la décomposition des racines peut favoriser l'apparition de « renards hydrauliques ». Les peupliers et les robiniers sont capables d'émettre des racines sur une distance de 10 à 15 m. La décomposition déstructure donc le remblai. Le bois pourrit, l'espace gagné se désintègre, puis engendre un effondrement localisé.
Enfin, lors des crues d'hiver, de nombreux arbres viennent s'accumuler à l'entrée des ponts, aggravant sérieusement le risque et exposant la population et les zones économiques à des risques d'inondation.

« Pourquoi abattre des arbres ? »

Pour réaliser les terrassements, il est nécessaire au préalable de réaliser des travaux préparatoires.
Le guide national du génie végétal, édité par le Ministère de l'Environnement est très explicite sur la nature des travaux préparatoires : « Il est fondamental lorsque l'on réalise un ouvrage ou aménagement végétal de procéder à un travail « sévère » d'éclaircissement de la végétation en place. Il peut s'agir d'opérations préalables de fauchage, de débroussaillage, d'élagage, d'abattage / recépage, voire de dessouchage de la végétation existante. »

« Quelle végétation sera plantée et quand retrouverons-nous de l'ombre ? »

Voici la liste des plantations prévues dans le marché de travaux :

  • Arbres :
    • 1 200 unités, surtout le long de la piste cyclable entre pont CD16A et le pont de l'échangeur
    • Ces arbres feront 20 à 30 m de hauteur dans 10 à 20 ans.
  • Saules arbustifs :
    • 56 000 unités, le long de la rivière (berge et abords du lit mineur),
    • Ces arbustes poussent de 1,50 m/ an : ils feront 4 à 10 m de hauteur dans 3 à 5 ans.
  • Essences forestières arbustives :
    • 5 100 unités, surtout sur les hauts de berges,
    • Ces arbres feront 2 à 6 m de hauteur dans 3 à 7 ans.
  • Semis :
    • 14,3 ha seront semés en prairie rustique, surtout en berge et en digue.